IMG_8817 Pablo Picasso. 1881-1973. Vanité. 1946. Lyon.

IMG_8817 Pablo Picasso. 1881-1973. Vanité. 1946. Lyon.

Pablo Picasso. 1881-1973. Vanité. 1946. Lyon.

Pablo Picasso. From 1881 to 1973. Vanity. 1946. Lyon.

PICASSO. ART MODERNE. ART CONTEMPORAIN. ART MARCHAND. ART DES RUES

Pablo Picasso (1881-1973) est un peintre exemplaire de l’Art Moderne (1830-1950 en dates grosses) et annonce remarquablement, quoique encore très discrètement, l’Art Contemporain qui s’impose à partir des années 1950 et suivantes.
Il est un génial découvreur, et même un accumulateur de Formes Nouvelles d’expression artistique.
On peut penser que l’histoire de l’art reconnaîtra cette richesse d’invention esthétique et le classera parmi les plus grands maîtres européens.
Picasso est actif à la fin d’une des époques les plus fastes de la peinture européenne (1815-1940). Une période de très grande diversité idéologique, et en conséquence d’affrontements terribles, mais qui est aussi une époque de création artistique intense et de recherches formelles, esthétiques, les plus diverses. Parmi ces recherches l’Art Abstrait auquel Picasso introduit.
Picasso est un artiste essentiellement figuratif, toujours très attaché au valeurs du Beau et du Sens dans la peinture. Mais il annonce cependant déjà certaines impasses, qui apparaissent nécessairement quand va s’installer un Système, un Art officiel, Académique et même un Art Sacré. A partir de la fin de la seconde guerre mondiale : l’Art Contemporain

L’Art Contemporain est un Système, un Art Officiel, Politiquement Correct, qui est le reflet des valeurs, ou des non-valeurs, les valeurs inversées, imposées par les élites de notre actuelle société occidentale.
De tous temps, de nos jours comme dans le passé, l’Art se décide dans les niveaux supérieurs des sociétés. L’idéologie démocratique n’ a absolument rien changé à ce fait. Au contraire.
L’Art contemporain officiel, celui des musées, est un drapeau distinctif et un vecteur idéologique. Cela n’est pas nouveau. Seule à changé l’idéologie en place dans la société européenne, et les valeurs qu’elle impose. Un changement que l’art reflète.
Le monde contemporain ne repose pas du tout sur les mêmes valeurs que l’Europe chrétienne (catholique et orthodoxe) qui a fait l’art européen de 500 à 1600.
Ces valeurs ont mis du temps à mourir en Europe, entre 1600 et 2000, au travers de deux étapes idéologiques essentielles : la Réforme et les Lumières.
Donc l’art européen ne peut pas être le même, mais le changement s’est fait lentement et même subrepticement.
En 1900, et même encore en 1940, l’Europe n’était pas encore entrée dans un autre monde, culturellement totalement différent. Mais en 2000 c’est totalement fait.
Un demi siècle, pendant lequel la démocratie libérale occidentale a mis en place son Art Sacré, qui est devenu omniprésent à partir de la seconde moitié du 20è siècle.
L’Art Contemporain est un art officiel qui véhicule, directement ou indirectement, certains des commandements principaux du catéchisme prêché par les élites actuelles : L’Évolution, L’Homme, le Matérialisme, l’Économie, la Richesse, La Science, La Technique, Le Progrès, La Démocratie, La Liberté, Les Droits, Le Changement, le Gouvernement Mondial. Mais aussi tout un ensemble complexe de messages, ésotériques, implicites, discrets, qui ne sont pas destinés au grand public, mais réservés à l’élite.
Plus encore que sous "l’Ancien Régime" les Élites de la Démocratie sont bien décidées à cultiver leur différence, et l’Art Contemporain est un des lieux privilégiés, un des clubs, où les élites "démocratiques" se retrouvent avec délice. L’Art Contemporain des grands musées d’état et du grand commerce international c’est l’art des Guidestones, construites aux USA en 1980.
Tout ceci n’est pas encore totalement en place à l’époque de la grande activité de Picasso.

Mais déjà l’Art Moderne, précisément avec Picasso, est exemplaire de ce qui paraît être une nouveauté, du moins à cette échelle: l’Art Marchandise. Une nouveauté qui va s’imposer totalement avec l’Art Contemporain.
Tout le système de création de l’Art a été modifié par la révolution industrielle, l’idéologie matérialiste et la priorité à l’Economie et à la Richesse qui s’est installée en Occident au cours du 19è siècle.
L’art ne peut pas être le même quand les niveaux supérieurs d’une civilisation sont occupés par des banquiers et des grands marchands, assistés et servis par les idéologues, à la place des anciennes élites, beaucoup plus diversifiées. dans leurs origines et leurs valeurs.
Les élites européennes du passé étaient à la fois rivales et associées, affrontées et dialectiquement complémentaires :
Aristocratie foncière et guerrière. Ouverte au commerce aussi, dans certains pays européens (Italie, Pays Bas notamment).
Eglises (catholique et orthodoxe).
Bourgeoisie commerçante, plus ou moins frottée d’aristocratie selon les pays.
Haut Artisanat citadin, organisé en corporations et métiers, qu’il ne faut pas négliger car il était un des acteurs principaux du faire artistique.
Une diversité qui a été source d’une grande richesse culturelle.

Ce qui est tout à fait nouveau au cours de la période dite de l’Art Moderne c’est que l’Art ( peinture et sculpture) a commencé à devenir, de manière avouée, une marchandise.
L’Art contemporain est totalement conditionné par un marché très organisé, finalement très monolithique et parfaitement totalitaire dans ses valeurs, pour lequel les buts profitables sont tout à fait essentiels.
Ce n’était absolument pas le cas des mécènes des siècles précédents : aristocrates fonciers et guerriers, ploutocrates marchands, et Eglises, pour lesquels l’art n’était que très secondairement un placement financier. L’art, la peinture notamment, était pour eux un moyen de communication avec les peuples ou/et une dépense de prestige.
Il a certes toujours existé des marchands d’Art, dès l’Antiquité, mais ils ne décidaient pas des grandes orientations de l’Art de leur époque. Et certainement pas entre 500 et 1800.
Les marchands d’art étaient seulement des intermédiaires, et de temps en temps, ils faisaient des copies et des faux !
Le marchand d’art qui participe activement à la définition des orientations de l’art de son époque est une nouveauté apparue au cours du 19è siècle, à peu près à l’époque des impressionnistes, qui s’est répandue au début du 20è. Ils sont l’une des manifestations de la mercantilisation des valeurs de la société européenne.
Picasso, qui n’avait pas que les qualités d’un artiste, avait très bien compris et exploité ces deux réalités, la première ancienne, l’Art est idéologique, la seconde plus nouvelle, l’Art est marchandise, et l’artiste est à vendre.
Il faut compléter ce panorama très synthétique de l’ évolution récente de l’art de la peinture européenne puis occidentale, en mentionnant, juste pour mémoire ici, car cette considération n’a rien à voir avec Picasso, une autre nouveauté, plus récente : l’Art des rues. Un art apparu dans les années 1960 et suivantes, principalement à New York. Un art populaire d’origine, en marge, et non pas officiel et élitiste.
Cet art ne fait que commencer son histoire. En Europe il démarre dans les années 1990 de manière clandestine, dans les rues. Il se glisse entre les graffitis vandales et destructeurs. Il n’a vraiment conquis le terrain qu’au cours des années 2000. Les galeries de Flickr consacrées à cet art contemporain des rues notamment celle de meuh1246 nous montrent bien sa fulgurante progression durant les dix dernières années. Meuh explique très bien que les artistes débutent dans la clandestinité tolérée avant de se faire connaître et de bénéficier alors d’un double soutien public et privé. Le soutien public vient des pouvoirs locaux qui autorisent, encadrent et accompagnent le développement de cet art. Le soutien privé vient de galeries ou sociétés commerciales ou financières locales. C’est la grande différence avec l’art contemporain officiel qui est totalement encadré par les états, leurs fonctionnaires et par tout un univers commercial et financier à caractère non pas local ou régional, mais au moins national et surtout international. Ce qui explique bien pourquoi l’art des rues est bien plus proche du grand public tandis que l’art contemporain officiel est une machine très ésotérique totalement dépendant de cénacles "éclairés" se situant très au dessus des peuples. Précisons bien: ils se situent très au dessus des peuples pas du tout parce qu’ils sont plus "éclairés", comme ils le disent, et le croient en partie eux mêmes, mais parce qu’ils ont l’Argent et le Pouvoir.

PICASSO. MODERN ART. CONTEMPORARY ART. MERCHANT ART. ART OF THE STREETS.

Pablo Picasso (1881-1973) is an exemplary painter of Modern Art (1830-1950 in big dates) and announces remarkably, although still very discreetly, the Contemporary Art which imposes itself from the years 1950 and following.
He is a brilliant discoverer, and even an accumulator of new forms of artistic expression.
One can think that the history of art will recognize this richness of aesthetic invention and classify it among the greatest European masters.
Picasso was active at the end of one of the most splendid eras of European painting (1815-1940). A period of great ideological diversity, and consequently of terrible confrontations, but which is also an era of intense artistic creation and of formal, aesthetic, and most diverse research. Among these researches the Abstract Art to which Picasso introduces.
Picasso is an essentially figurative artist, always very attached to the values of Beauty and Sense (Meaning) in painting. But it already announces certain impasses, which necessarily appear when a System, an Official Art, Academic, and even a Sacred Art will settle. From the end of the Second World War: Contemporary Art
Contemporary Art is a System, an Official, Politically Correct Art, which reflects the values, or the non-values, or the inverted values, imposed by the elites of our present Western society.
At all times, in our days as in the past, the Art is decided in the higher levels of society. The democratic ideology has absolutely nothing to do with this fact. On the contrary.
The Contemporary art, official art, that of museums, is a distinctive flag and an ideological vector. This is not new. Only changed the ideology in place in European society, and the values it imposes. A change that art reflects.
The contemporain world is not based at all on the same values as the Christian Europe (Catholic and Orthodox) which made the European art from 500 to 1600.
These values have taken a long time to die in Europe, between 1600 and 2000, through two essential ideological steps: the Reformation and the Enlightenment.
So European art can not be the same, but the change has taken place slowly and even surreptitiously.
In 1900, and even in 1940, Europe had not yet entered another world, culturally totally different. But in 2000 it is totally done.
A half century, during which the liberal Western democracy established its Sacred Art, which became ubiquitous from the second half of the 20th century.
Contemporary Art is an official art that carries, directly or indirectly, some of the main commandments of the catechism preached by the current elites: Evolution, Man, Materialism, Economy, Wealth, Science, Technology, Progress, Democracy , Freedom, Rights, Change, World Government. But also a whole complex of messages, esoteric, implicit, discrete, which are not intended for the general public but reserved for the elite.
Even more than under the "Ancien Régime", the Elites of Democracy are determined to cultivate their differences, and Contemporary Art is one of the privileged places, one of the clubs where the "democratic" elites find themselves with delight.
The contemporary art of the great state museums and the great international trade is the art of the Guidestones, built in the USA in 1980.
All this is not yet fully in place at the time of Picasso’s great activity.

But already Modern Art, precisely with Picasso, is exemplary of what appears to be a novelty, at least on this scale: the Art of Merchandise. A novelty that will impose itself totally with the Contemporary Art.
The whole system of creation of Art was modified by the industrial revolution, materialistic ideology and priority to Economy and Wealth that settled in the West during the 19th century.
Art can not be the same when the higher levels of a civilization are occupied by bankers and big merchants, assisted and served by the ideologists, instead of the old elites, who are much more diversified. In their origins and values.
The European elites of the past were at the same time rival and associated, confronted and dialectically complementary:
Land and warrior aristocracy. Also open to trade, in some European countries (Italy, the Netherlands in particular).
Churches (Catholic and Orthodox).
Trading bourgeoisie, more or less rubbed with the aristocracy, according to country.
Top urban craft, organized in corporations and trades, which should not be neglected because it was one of the main actors of the artistic.
A diversity that has been a source of great cultural richness.
What is quite new during the period known as Modern Art is that Art (painting and sculpture) has begun to become, in an avowed way, a commodity.
Contemporary art is totally conditioned by a highly organized market, ultimately very monolithic and perfectly totalitarian in its values, for which profitable goals are absolutely essential.
This was absolutely not the case for the patrons of the previous centuries: land and warriors aristocrats, merchant plutocrats, and churches, for whom art was only very secondarily a financial investment. Art, painting in particular, was for them a means of communication with peoples and / or an expense of prestige.
Art traders have always existed, since Antiquity, but they did not decide the main orientations of the Art of their time. And certainly not between 500 and 1800.
The merchants of art were only intermediaries, and from time to time they made copies and fakes!
The art dealer who actively participates in defining the orientations of the art of his time is a novelty that appeared in the 19th century, at about the time of the Impressionists, which spread at the beginning of the 20th century. They are one of the manifestations of the mercantilisation of the values of the European society.
Picasso, who had not, only the qualities of an artist, had very well understood and exploited these two realities, the first ancient, Art is ideological, the second newest, Art is merchandise, and the artist Is for sale.
It is necessary to complete this very synthetic panorama of the recent evolution of the art of European and then Western painting, mentioning, just for the record here, because this consideration has nothing to do with Picasso, another novelty, more recent: The Art of the Streets. An art appeared in the 1960s and later, mainly in New York. A folk art of origin, on the margin, and unofficial and non-elitist.
This art is only beginning its history. In Europe it starts in the 1990s in a clandestine way, in the streets. It slips between vandal and destructive graffiti. It did not really conquer the ground until the 2000s. The galleries of Flickr devoted to this contemporary street art, especially that of meuh1246 show us its dazzling progression during the last ten years. Meuh explains very well that the artists start in the clandestine tolerated before making themselves known and then benefit from a double public and private support. Public support comes from local authorities that authorize, supervise and accompany the development of this art. Private support comes from local galleries or commercial or financial companies. This is the big difference with the official contemporary art which is totally framed by the states, their civil servants and by a whole commercial and financial world of not local or regional character, but at least national and especially international. This explains why street art is much closer to the general public while official contemporary art is a very esoteric machine totally dependent on "enlightened" cenacles located very above the peoples. Let us be clear: they are very much above the peoples not at all because they are more "enlightened", as they say, and believe it in part themselves, but because they have the Money and the Power.

Posted by >jean louis mazieres on 2014-04-01 06:14:40

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